Les grillons entonnent leurs chansons du soir, on met du bois dans la cuisinière en fonte, abuela (la grand-mère) et Mauricia discutent. Peut être de la nourriture du soir qu’il faut préparer ou d’autres choses, mais nous ne comprenons pas car elles parlent en Bribri, langue indigne de la cote caribéenne du Costa Rica.
Nous voici à la Finca (ferme) Loroco, qui est une ferme organique, ou l’on produit aussi des graines de variétés anciennes locales. Comme l’Ocra, dont la graine s’utilise pour faire une sorte de café mais sans caféine, du riz local, des haricots, du maïs, etc. Il y a aussi le loroco, liane qui provient du Salvador dont on mange la fleur, très riches en vitamines. Papayes, bananes, plantain, Yuka (nous rappelle le terro des Fidji). Ce soir on va manger le pinto, mélange de riz et d’haricots rouges avec du Yuka et au dessert un gâteau au chocolat français ! Le chocolat vient aussi de la ferme…Il y beaucoup de travail ici, nous aidons volontairement Gonzalo, sa femme Mauricia et sa fille lali dans les jardins en forme de mandala, à désherber le riz, à arracher les plants de Yuka pour prendre les racines comestibles…
Gonzalo se veut un exemple pour les peuples indigènes en matière d’agriculture qu’il appelle « bio-intensive », qui pourrait nourrir tout un village en respectant l’environnement. « La terre chez eux est noire, riche en nutriments, en microorganismes, tu peux y planter ce que tu veux, tout pousse ! ». Pourtant ces peuples ont faim et ne vivent que de la chasse. Les monocultures de banane et de plantain ont dévasté leurs savoir faire ancestraux en matières d’agriculture et de connaissances des plantes. Ils achètent le riz et les haricots à la « pulperia » du coin. On va donc vers chez eux, accompagnés de nos binettes, on remue la terre, on fait un compost, on discute de ce qui pourrait être fait, de projets, de positif, d’avenir près de la terre mère, celle qui nous nourrie.
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