Peut-être que si le Paradis avait un nom il se nommerait Totoya. Ile-croissant de lune dans le Pacifique, atoll, ancien volcan effondré laissant en son milieu un lagon. Totoya fait partie d’un groupement d’iles au Sud-est de Viti levu, au Fidji. 3 iles sont regroupées sous le nom de Lau. Le jour du muguet nous sommes arrivés sur les cotes de Totoya, contournant les récifs de corail, barrière naturelle pour ceux qui viennent de loin voir un bout de paradis. Totoya est la seconde ile que nous découvrons, les habitants de l’ile de Moala nous ont ouverts leurs portes en premiers, leurs coutumes, les sessions de kava, les chansons, leurs vies. Ici, pas de tourisme, les habitants ont choisi l’isolement. Une fois par mois cependant un bateau apporte le ravitaillement. Moala comporte 3 villages, 2000 habitants. Le village principal, Laroi, possède un hôpital, un poste de police, une poste, école primaire, collège et lycée. Le village est bien développé comparativement au reste des iles nous confirme Roko, le représentant administratif de iles du Lau qui nous accompagne. Pour cette expédition incroyable autour de ces iles préservée, nous accueillons abord d’Infinty BirdLife International, une organisation pour la protection des oiseaux, du Pacifique dans ce cas là. Steve, Jez et Cleira se penchent spécialement sur le cas du Pétrel des Fiji. Un oiseau en voie d’extinction, qu’ils espèrent trouver sur ces iles intouchées.
Dans chaque village se tient une église imposante, les missionnaires arrivés il y a plus de 300 ans ont converti ce peuple cannibale à la foi de Dieu. Peut-être que pour nous c’est mieux ainsi !
En 2009, sur l’île du Ngau au Fiji, quelques spécimens ont été repérés. L’espèce n’avait pas était vue depuis 1984 Les investigations continuent donc pour tenter de confirmer la présence de ces oiseaux marins vivant principalement la nuit. Comme plusieurs espèces, cet oiseau niche dans des trous au sol, rochers, ou creux d’arbres. Il est donc extrement vulnérables. Chiens, chats rats importés par les colons font des ravages.
Au loin nous attendons les lali, tambours appelant le rassemblement. Nous sommes invités pour une cérémonie de kava et de danse. Nous mettons nos sulong sorte de paréo qui couvre nos jambes autant pour les hommes que pour les femmes. »Bula », « bienvenue », qui veut dire également vie, lançons atteignant la plage du village principal de Toyoya. Nous nous asseyons en cercle sur un tapis tressé de feuille de palmiers. Le kava va être servi dans une moitie de noix de coco. Le kava ou yaqona est une racine de la plante kava.Les racines sont broyées par des jeunes hommes jusqu’à en faire une fine poudre qui sera placée dans un tissu très fin. Le tout est ensuite plongé et essoré dans l’eau jusqu’à obtenir une couleur grisatre.Le bol nous est présenté, on frappe dans nos main, trois fois, et nous recevons le bol dans la main droite. On se doit de boire le contenu, et une fois accompli tout le monde frappe 3 fois dans les mains « maca » (le bol est vide). Une sensation anesthésique se diffuse alors dans la mâchoire inferieure, et au bout de quelque heures et de plusieurs bol, le corps est engourdi, relax. On ne peut pas dire que le kava a bon gout, il faut s’y habituer, gout d’argile et de terre. Frappe, on boit la terre des Fidji, maca, frappe encore, relax, rire, vinaka.

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