Des chevaux au pays des marmottes.
Avant d’entreprendre ce voyage avec Eole j’avais toujours aimé les périples à cheval. J’avais par ailleurs réalisé un vieux rêve : traverser la Mongolie avec Ulysse mon cheval. En trois mois j’avais parcouru la Taïga Mongole d’Est en Ouest et rencontré intimement le mode de vie nomade. Cette relation à la nature m’avait profondément séduit. Une manière rude et libre d’être au monde parmi les éléments. Mais un autre voyage au Népal concrétisait ma passion de l’alpinisme mêlée d’une recherche spirituelle….
Et voici le Kirghizistan et ses montagnes grandioses qui viennent faire la synthèse de ces deux passions ! On décide de nous offrir cet extra d’une semaine à cheval dans ce tour du monde.
Mais lorsque nous avons mis pied à l’étrier le 3 Aout nous étions loin d’imaginer que les chevaux étaient « croisés » avec des bouquetins ! Nous avons gravis un premier col a près de trois mille cinq cents mètres d’altitudes (je n’aurais jamais pensé qu’un cheval passe sur ces sentiers de chèvre !)! Nous avons pénétré dans une vallée paradisiaque de rivières et cascades…Et même des sources d’eau chaude que nous convoitons depuis de nombreuses semaines ! Quel bonheur de se baigner après des orages les trois premier jours et que la nuit la température descendait à moins deux degrés ! Heureusement nous avons eu beau temps à partir de la pleine lune mais avec toujours plus de froid : la neige nous attendais sur le col à 3900 mètres qui donne sur le magnifique lac glaciaire de Ala kol !
Ce fut aussi pour nous l’occasion de découvrir les modes de gestion des parcs nationaux au Kirghizistan en interviewant les rangers du parc national de Tamra et de. Mis a part les questions sur les superficies de chaque parc, sur les espèces animales présentent et sur les législations, nous avons appris que le sanglier, le mouton de Marco Polo, le mouflon, le chamois, le loup et bien sur le léopard des neige se déplaçaient vers d’autres zones plus sauvages protégées ou non. Même les tentatives de nourrir les animaux au sein des parcs ne suffisent bien sur pas à les protéger. Peut être du à l’afflux de touristes grandissant mais surtout, ne nous le cachons pas, au braconnage. Parcs nationaux ou non, nous ne sommes pas dupes, d’ailleurs nous avons croisé plusieurs chasseurs dont l’un aller poser des pièges pour capturer le léopard des neiges. Des treks sont d’ailleurs organisés pour les riches touristes pour partir à la chasse du fameux mouton de Marco polo, rare car bien sur en voie de disparition dans ces zones. Et pour cause, les cornes de cet animal valent a elle seules près de 1500 dollar, ce qui est pour ici une aubaine, lorsque le salaire d’un fonctionnaire est de 25 euros par mois. De même, pour la peau du léopard des neige qui en fait fantasmer plus d’un ! C’est plusieurs années de salaire ! Les rangers sont fiers de nous dire que si un chasseur se promène dans les parcs nationaux il a de gros problèmes. Cela nous fait rire doucement, ce qui chasse et protège sont parfois les mêmes ou bien des amis, car tout le monde se connait et l’argent gagner est beaucoup plus important qu’un salaire de rang er… Qu’est ce qu’une montagne kirghize sans léopard des neige ?
Pour notre part, nous avons, nous aussi, chassé la marmotte. Quand il fait froid le riz aux carottes ne suffit plus ! Chai la chienne qui nous a accompagné, a débusqué et chassé une marmotte femelle de belle taille. Halla o akbar ! Nous l’avons dépecé avec tout l’art et la manière musulmane … une marmotte hallal ! Oui la viande de marmotte est succulente et la graisse nous a aussi servi pour le genou d’Ollivier.
Almaz, notre guide et son ami moussa, nous ont pas seulement servi de traducteurs, ils nous ont montré les espèces de champignons comestibles, nous ont raconté les histoires des montagnes kirghizes au coin du feu sous les branches d’un épicéa. Leur présence a tout de même permis d’aller plus loin dans nos discussions avec les nomades et avec les gens d’ici. Que nous étions bien dans la nature sauvage !
Dès notre retour à Karakol nous avons prolongé notre visa d’un mois pour pouvoir prendre notre temps le genou d’Ollivier dictant son rythme ! Nous avons longé le lac Issik kol (cool) et fait quelques brassées dans cette eau si peu salée. Nous avons réalisés des reportages sur la réserve de biosphère du lac qui a des missions de protéger quasi impossible entre l’attrait touristique et la mafia. Néanmoins essentiel de faire de la prévention.
En fin arrivé sur Bishkek nous refaisons une jeunesse à Eole en préparant notre prochaine grande étape : LA CHINE ! Des amis nous accueillent avec beaucoup de gentillesse sur la capitale ; nous les avons rencontré dans un col à 4000 mètre lorsque nous avions explosé notre dernier pneu… L’ironie du sort nous amènent à des chemins inattendus mais la finalité est positive !
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