Vents Nomades

  • Increase font size
  • Default font size
  • Decrease font size

Les Colibris

E-mail Print PDF
There are no translations available.

Parfois il vaut mieux ne pas savoir ce qui nous attend sur le chemin, garder la surprise, l’inconnu. Aussi peut être que si on savait à l’avance on y réfléchirait à deux… « On ne savait pas que c’était impossible alors nous l’avons fait ! »

Nous quittons San Francisco avec notre remorque. Premier constat : nous sommes chargés et la sensation est étrange. Nous devons aussi nous habituer avec nos pédales automatiques qui nous donnent des frayeurs. Nous quittons San Francisco par le chemin côtier mais pas encore de cocotier ; juste des vélos et piétons.  Le bail trail qui nous guide hors de la silicone vallée, loin de Vincent et Céleste qui nous manquent déjà. Les lumières du soir nous caressent et nous commençons notre ascension du Mont Hamilton à 1600 mètres d’altitude, observatoire Américain possédant 12 télescopes aussi géants que derniers cris. Nous dormirons dans le jardin d’un mexicain, installé au Etats Unis et venu y trouver une vie meilleure, comme beaucoup d’autres. Si les mexicains s’arrêtaient de travailler aux USA il y aurait une autre crise économique ! Nous atteindrons l’observatoire des étoiles le lendemain sous le soleil de midi, la chaleur déjà commence à être insupportable a cet heure…Nous en profitons pour faire une visite du premier télescope de la station

Descente vertigineuse à travers un canyon qui nous procure un avant gout de ce que peut être la vallée de la mort, notre montre indique une température de 47 °C, on s’arrête à l’ombre d’un arbre pour récupérer un peu. Au bout du canyon, c’est une autre vallée qui s’offre à nos yeux, plate et agricole. Ollivier n’en peut plus, il s’effondre a coté du vélo terrassé par chaleur. On fui donc la vallée, pédalant qu’aux heures fraiches du petit matin, nous voulons atteindre au plus vite le Yosemite et ses montagnes promesse de fraicheur !

C’est la neige qui nous accueille au Yosemite finalement, exauçant bien au delà nos souhaits, les cascades sont grandioses dévalant les falaises de granit et se perdant dans les forets de pins et de séquoias. Nous nous douchons dans une d’elle, pétrifiés de froid mais ca fait du bien ! Nous dormons sur des tapis de mousse, nous sommes bien ! On visite vite fait la vallée du Yosemite, extra touristique en ces périodes de vacances ! Notre objectif est le col de Tioga à peine  ouvert en ce mois de juin à cause des importantes chutes de neige tardives. Col de Tioga 3300 mètre d’altitude, un challenge depuis les cols des Himalaya ! Au 8 km/h de moyenne nous remontons la vallée encaissée du Yosemite, prodiguant une vue incroyable ! On crève, roue arrière fondue par le rayonnement de la roche qui rend la route brulante…Notre pompe ne marche plus, nous n’obtiendrons aucune aide des touristes américains passant par millier à cote de nous. Finalement au bout de heures nous réussissons à gonfler notre pneu grâce à la pompe de la fourche et repartons dans les derniers soleils… »Ah ! Vous avez vu l’ours au bord de la route ? » Nous exclame une touriste à la station essence ou nous regonflons la roues fautive. Euh non, mais c’est vrai qu’ici il y a des ours noirs, plus petits que le brun, mais plus curieux surtout en cette période de fin d’hiver où la faim les tourmente. Ah ? Et c’est grand comment un ours noir finalement ? Au couché du soleil, on oblique vers un petit chemin encore tapis de neige, le rouge du ciel tranche avec le noir de la foret de pins. On dresse vite le camp et on mange sans quitter des yeux les ombres nous entourant…Comme une sensation de n’être pas seuls. La fatigue nous gagne et à notre tour nous gagnons notre tente en ayant bien pris soin de mettre la nourriture hors de portée et loin de la tente. Dans les sacoches étanches du  vélo aspergées de menthe poivrée.

Elsa écarquille les yeux dans le noir, le cœur à un rythme inhumain…Des pas lourds s’éloignent de la tente, ils sont quand même tout proches. « Ollivier, je crois qu’il y a un ours », le temps suspendu, on écoute des yeux et des oreilles…Un souffle, un grognement retenti encore, tensions dans les sacs de couchage, un autre souffle, celui d’un gros animal qui semble avoir peur aussi. « Qu’est ce qu’on fait ? » A tâtons Ollivier cherche la lampe frontale, ouvre la tente et inspecte le dehors, pendant qu’Elsa expérimente l’expression « trembler comme une feuille » ; Rien a l’horizon, des milliers d’idées nous traversent l’esprit ainsi que les possibilités d’échappatoires. Elsa claque toujours des dents et met son pull au cas où. Un autre souffle résonne autour de nous, Ollivier sort à nouveau pour voir cette fois une ourse et son petit rodant autour de nous. « Ah je les vois ! » « Les ? » L’ours regarde Ollivier, puis regarde son petit, regarde Ollivier et la nourriture dans le vélo (la menthe poivrée ca ne marche pas).Ollivier prends la grosse voix du Migou et faisant l’ours réclame ce territoire comme étant le notre, plus rien ne bouge. L’ourson s’en va, sa mère le suit en regardant une dernière fois. Les pas s’éloignent, les grenouilles dans la mare se taisent, un oiseau vient danser et piailler autour nous. Il semble qu’ils soient partis mais il faudra encore 2 heures à Elsa pour calmer ses tremblements convulsifs et une nuit de sursauts pour calmer son cœur….Aaah les amis des bêtes !

Très fatigués, nous reprenons la route le lendemain émerveillés par la beauté du Yosemite, de ses milliers de lacs et de ses montagnes, regrettant de ne pas y rester plus. Des marmottes, des cerfs et bien sur des ours croiserons encore notre route. On profite quand même pour faire une petite randonnée en se promettant d’y revenir un jour…

Nous redescendons du paradis plus rapidement que ce qu’on y était monté, en faisant une pause prés du lac Mono, lac salé et protégé. Au bord de la disparition en 1994 à cause de la ville de Los Angeles y pompant l’eau. Possédant des « tufas » colonnes issues de la réaction entre le sel et les minéraux des sources alimentant le lac, c’est le paradis des oiseaux qui s’arrêtent de leur route migratoire pour faire le plein de crevettes et de mouches endémiques du lac. Il y en a par milliers il suffit d’ouvrir la bouche. Encore un bol d’air frais pour nous avant de se lancer âmes perdues dans la vallée de la mort…

 
You need to login or register to post comments.
Discuss this item on the forums. (0 posts)


Please wait while JT SlideShow is loading images...

Who is on line?

We have 6 guests online
Banner

Lineage 2 interlude